
À des fins pédagogiques et pour faire rayonner la langue, Aaqsiiq développe actuellement un glossaire de mots tirés du texte de la pièce Aukkauti. Ces mots sont culturellement importants et leur usage est moins courant aujourd'hui.
C'est Pasa Mangiok qui a réalisé les illustrations du glossaire. Voici une petite entrevue avec Pasa!
Je suis originaire d’Ivujivik, au Nunavik, mais j’ai déménagé à Montréal en 2021 pour mes études. J’ai fréquenté Nunavik Sivunitsavut (2021/2022), puis j’ai suivi le programme d’arts visuels à Dawson (2022/2024) et je suis maintenant à l’Université Concordia dans le programme d’arts plastiques pour obtenir un baccalauréat en beaux-arts (2024/en cours).

J'ai commencé à faire des illustrations à l'âge de 15 ans, je crois, et mon premier projet a été de travailler avec mon père sur son jeu de société « Nunami », pour lequel j'ai réalisé des illustrations de personnages hybrides mi-humains, mi-animaux.
J'ai pris beaucoup de plaisir à le faire, car j'aime raconter des histoires à travers mes projets, mais, pour celui-ci en particulier, ce qui m'a le plus plu, c'est d'avoir eu une grande liberté de création. Ce projet m'a donc donné l'occasion de me détendre, de respirer et de créer. Il m'a semblé difficile de représenter certaines scènes pour les illustrations, et j'ai dû demander des précisions à des aînés de ma communauté ou à des amis. Mais je suis très heureuse que mes compétences aient été à la hauteur de ce que l'équipe recherchait !
Ce qui compte pour moi, c’est de pouvoir aider mes clients, qu’il s’agisse d’une seule personne ou d’une équipe, pour un petit ou un grand projet ; j’aime les aider à concrétiser leurs idées. D’après mon expérience, c’est toujours très gratifiant de voir mes clients satisfaits du résultat du projet pour lequel ils m’ont fait confiance, et je leur suis extrêmement reconnaissante de leur soutien.
Mais ce n’est pas tout : je suis fière qu’ils cherchent tous à faire appel à une Inuk pour leurs projets liés aux Inuit et qu’ils aient inclus une Inuk pour réaliser les illustrations. J'apprécie vraiment quand cela se produit, car, pour moi, cela donne une chance à la représentation inuite non seulement dans le projet qui sera vu par de nombreuses personnes, venues on ne sait d'où, mais aussi parce que l'artiste est lui-même Inuk (moi, dans ce cas), et cela m'aide à rester en contact avec ma culture et mes traditions pendant que j'étudie dans le Sud.